23 - 10 - 2017

Lu dans Sciences et Avenir de Septembre 2008

Plus on prend des drogues tôt, plus les risques de dépendance et d'altération cérébrale sont élevés. "L'adolescence est la période de maturation du circuit cérébral de la motivation et de la récompense, ce qui se traduit par la recherche de sensations fortes et de prise de risque", explique Michel Reynaud, chef du département de Psychiatrie et d'Addictologie de l'hôpital Paul-Brousse (Paris).

Ces circuits en développement sont modulés, entre autre, par des substances cannabinoïdes et opioïdes endogènes (produites par l'organisme) qui agissent en se fixant sur des récepteurs de certaines zones du cerveau.

"Les drogues artificiels, en se fixant sur ces mêmes récepteurs perturbent durablement leur action. Le cannabis entraîne des dommages chez 10 % des consommateurs, avec quelques rares cas de déclanchement de schizophrénie. La cocaïne et l'heroïne engendrent une dépendance rapide. Quant à l'alcool, le plus dangereux, il détruit les neurones ! Des travaux réalisés lors du premier sevrage de sujets alcoolo-dépendants sans aucun trouble psycologique ou social, du moins en apparence, ont révélé chez eux une altération des circuits neuronaux, une diminution de la matière grise et de la matière blanche."